Unorthodox

Une mini-série

« – On est en Amérique Esty. Tu peux prendre tes propres décisions

– Pas à Williamsbourg ! Tu ne connais pas les règles.

– Elles sont imaginaires. Les fils de l’érouv ne sont pas élétriques, Williamsbourg n’est pas entouré de fossés remplis de crocodiles. Tout est dans ta tête. (…)

– Alors tu veux bien m’aider ?

Le premier épisode de la série s’ouvre sur un plan prolongé d’un câble qui a rompu et qui balance au gré du vent. Ce câble, c’est l’érouv, la clôture réelle ou symbolique qui délimite l’espace dans lequel il est possible de transporter enfant, nourriture, médicament, durant le Shabbat. En effet, pour les communautés juives très pratiquantes, il est impossible de transporter quoique ce soit du domaine public vers le domaine privé et inversement pendant cette journée.

Cet érouv rompu constitue l’ultime obstacle pour Esty qui va fuir cette communauté hassidique de Brooklyn dans laquelle elle étouffe, elle s’annihile.

Pendant quatre épisodes on suit la cavale à Berlin de la jeune femme qui va trouver refuge auprès d’une bande de musiciens et on découvre par touches en flashbacks la vie contrainte d’Esty au sein de la communauté orthodoxe new-yorkaise : son jeune mariage stérile, donc sujet à commérages et mépris, la préparation de ce mariage, avec notamment une scène d’initiation sexuelle autour d’une tasse de thé d’un surréalisme glaçant ! 

Si l’intérêt de la série repose sur son intrigue servie par des personnages très bien travaillés dans leur complexité, sa force repose sur l’actrice Shira Haas qui incarne une Esty aussi menue qu’elle est puissante. Elle est d’une expressivité rare, et sert un dialogue irréprochable certes, mais en lui donnant une ampleur émotionnelle rare. On pense à ce câble qui a rompu, si frêle dans le vent et, en même temps, si solide. 

Impossible de ne pas enchaîner les quatre épisodes tant on est saisi par le passé d’Esty et l’espoir qu’elle prenne définitivement son envol…  

Unorthodox, mini-série en 4 épisodes de 55 min, créée par Anna Winger et Alexa Karolinski, disponible sur Netflix.

Publié par laconteusemoderne

Née avec un stylo dans la bouche et un clavier au bout des doigts, la Conteuse moderne aime écrire des histoires... L'emploi du mot juste est son mantra. Elle estime que pour bien écrire, il faut savoir regarder et écouter, et pratique donc ces activités avec une assiduité certaine... Et s'en laisse volontiers conter !

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